samedi 21 juin 2008

Le Petit Prince

C'est exactement ce qui se passe ici.

Je quitte dans 4 jours Diambalo, avec l'horloge affective toute débalancée. Je ne reverrai plus jamais ces gens que j'aurai appris à connaître et à aimer, ce qui me rend assez triste et nostalgique par anticipation. En même temps, je ne me peux plus d'aller rejoindre les vignes suisses et... une maudite grosse raclette.

J'ai cuisiné hier des beignets ( ou plutôt des trous de beignes) trempés dans le sirop d'érable. De beaux moments, c'était très riche. Michelle et les autres en avaient déjà fait pour le côté wolof du village, où tout le monde voulait s'en accaparer un maximum, de vrais enfants. Ce moment ayant bien refroidi mes amis, j'appréhendais un peu la même chose pour le côté peul.

Ils sont tellement relax, eux. Personne n'a crié, personne ne s'est précipité, toutes les familles ont eu leur petit sac, tout le monde était content.

Ce soir, petite fête à Darou chez Joanie qui nous accueille pour une St-Jean anticipée. Bon, ici, il n'y a pas de feux juste pour le plaisir et il manquera cruellement de guitares. Bof, deux djembés, 16 voix et un bel esprit, ce sera suffisant. Demain, plage pour la dernière fois.

Lundi, l'union locale des femmes nous organise une petite fête pour nous dire au revoir... à Diambalo. On va danser, chanter, boire du ataya et du Africa Fun (le Fanta africain). Cette union, c'est le contact de Mer et Monde sur le terrain. Elles sont très gentilles, quoique bien enclines à soutirer de l'argent aux toubabs dès que l'occasion se présente. Disons que ça refroidit parfois l'ambiance, mais bon, pour lundi ce sera plein de charme. Départ mercredi matin de Diambalo.

Après, deux jours à Dakar pour l'évaluation du stage, et visite à l'ile de Gorée. Nous dormirons sur l'ile de Ngor, dans des appartements de 8 personnes, autocuisine et tout. Malade.

Puis, direction Toubab Dialao, à 65km au sud de Dakar, pour farniente sur la plage et un arbre en arbre... dans les baobabs. Le tout pendant 3 dodos. Puis, nous visiterons le Siné-Saloum, un delta encore plus au sud, et resterons dans une pension dans un petit village appellé Fimela. Parties de pêches et excursions en pirogues dans les mangroves sous les palétuviers seront au menu.

NB: Dieu qu'il est pratique d'avoir un ami sénégalais (Ismael, le coordonateur de MetM sénégal) pour négocier les prix. On se serait fait joliment plumer sans lui.

Je quitterai le Sénégal le 7 juillet, après deux petits jours à Dakar pour voir ce qu'il faut y voir.

Fin du trip. Une page sera tournée.

Je ne verrai probablement pas de cyber avant le 6 juillet... peut-être trouverai-je un ordi à gauche ou à droite d'ici là. Sinon, je vous souhaite une bonne suite d'été, et un temps plus potable!

Merci les parents pour les moves Europe, je n'aurais pas pu faire ça d'ici. Le courant est capricieux, et le cyber aujourd'hui n'était pas prévu. Merci Jess pour l'accueil, Val pour tes doux mails, les amis pour vos messages, maman pour m'avoir conçu.

Bonne St-Jean.

samedi 14 juin 2008

A sameri???

Oui, je vais beaucoup mieux, merci! ( c'était ton corps est mieux ? en pular)

La fièvre est tombée, j'ai dégonflé de partout, sauf du moral. On profite de chaque seconde, à 11 jours du départ. Difficile de ne pas faire le décompte, car j'appréhende autant que j'ai hâte.
Retrouver mes repères, ce sera bon.
Quitter ceux créés ici, ce sera wierd.
Ainsi passe le stage, c'est ce qui en fait une expérience aussi complète. Là aussi j'apprends à mort.
Anecdote: aujourd'hui, on a fait une pause de cyber vers 13h, heure de la bouffe, puis de la prière et de la sieste. Heure où tout s'arrête, même la sollicitation. Pique-nique dans le champ de mangue avec Michelle, Mathieu et Marie (deux stagiaires en médecine, mes coloc's de Diambalo, des perles...). Passe un disciple musulman du Mbaye Fall, une confrérie religieuse plutôt intrigante dans son mix de tradition animiste et d'islam. Nous échangeons, car ici tout le monde se parle, et le contact passe très bien. Finalement, nous sommes passés à travers champs jusque chez lui pour le ataya. Je ne peux pas vous traduire en mot le trip de parler mondialisation, échanger sur le sort du monde et les habitudes de ses habitants dans une case de paille en plein champ, avec un philosophe vivant de la vraie simplicité volontaire, empreinte d'amour pour son pays et pour la nature. Le hasard fait excessivement bien les choses, et nous récompense lorsqu'on le happe au passage.
C'est exactement ça, mon stage: des moments à croquer sur le vif, des instants qui arrivent sans prévenir et que je veux graver dans ma mémoire. Ils me permettront de grandir une fois revenu.
Il fait p... chaud, la pluie de l'hivernage s'est démené pour la première fois hier pendant 10 minutes, faisant au moins tomber un instant l'humidité étouffante.
Je vais bien, et me réjouis de vous revoir, vous avez pas idée. J'ai trop hâte au camp scout.
Merci pour vos mails, Jean, élise, Val et les autres.
Qui a gagné quoi au gala?
Finalement c'est Détroit en 6, c'est ça?
Quelles sont les nouvelles du pays?
Moi, l'isolement, ça, ça commence à me pomper un peu. Mon royaume pour un Devoir, un Courrier et un Canard, en même temps, avec un VRAI café!!!
a ngungol,
Mamadel

samedi 7 juin 2008

J'ai l'air d'un hamster...

Les oreillons (ou quelque chose qui y ressemble) au Sénégal, ça fait rire les adultes qui y voient une maladie d'enfant.

Moi je ris juste un peu, pasque ça me fait mal à la bouche (aphtes de m...). Sérieux, je stressais un peu voyant la fièvre monter à 40 il y a deux jours, mais une petite visite à l'hopital de Thiès m'a soulagé à tous les niveaux... inlcuant le portefeuil d'ailleurs. Un vrai médecin avec un vrai diagnostic, la clim' dans la salle, de vrais instruments de médecin, un français impeccable... il ne manquait que la piscine. Antibiotiques et anti inflamatoires jusqu'à mardi, et rebelote à l'hopital pour un suivi.

Rien de grave, et rien qui ne pourra m'entammer le moral... à 18 jours de mon départ de Diambalo. Oui, déjà. On commence le compte à rebours, et je réalise peu à peu que toutes ces personnes que j'aurai apprises à connaître et à aimer, je ne les reverrai plus jamais. C'est un sentiment bizarre, presque abstrait. C'est le Petit Prince au sens propre que je vis ici.

Alors bon, au lieu de me projetter, je préfère gouter le moment présent, et accepter avec philosophie que tout cela a une fin. C'est normal, et c'est aussi ce que ça a de beau, et de formateur aussi.

Je goûte donc chaque moment, chaque mangue, chaque maare liiji (riz et poisson), chaque ocho'de (oeuf cuit dans trois litres d'huile...), chaque soble (oignon), chaque bout de mburu (pain à l'air)... et maudit que je me réjouis de mon premier burger et de ma prochaine raclette!! Oui, la poésie par rapport au Sénégal s'arrête lorsque mon estomac prend la parole.

(Moment de grâce, en apparté: à la télévision du cyber où je me trouve, omniprésente, je viens d'entraperevoir à l'instant le clip de Water runs dry de Boys II Mens. California Love de Tupac, la semaine dernière, ce n'était pas assez de vintage encore...)

L'école va bien, encore la semaine prochaine de cours et ce sera la semaine de révision précedant les examens. J'ai bien réussi à mes yeux à apporter ma couleur, la manipulation et même des situations-problèmes. Tout cela dans la mesure du possible du milieu; il règne dans cette classe un climat d'échanges dont je nous trouves très, très chanceux.

Mot à Richard Angeloro: il ne me reste que peu de temps au cyber, je t'écris donc ici. Pour la compétence 8, il sera irréaliste pour moi d' amener la famille au cyber. Je propose donc d'échanger avec mon professeur associé des ressources informatiques sur la pédagogie, les SAE, etc. à suivre...

Merci encore pour vos doux mots. Gaëlle, Richard, Papa, Maman, Céline, Manu, Jean, François, et tout ceux que j'ai le malheur d'oublier. J'ai le cerveau en compote.

à bientôt...

mamadou