mercredi 9 juillet 2008

Boucle

Voilà.

Sous le ciel Suisse, accueilli avec chaleur, je retrouve peu à peu le monde tel que je le connais. Je me le réapproprie tranquillement, et commence à découvrir quelle couleur je lui donnerai suite à un tel périple. Joindre les deux mondes au lieu de rejetter l'un des deux, je crois qu'il s'agit là d'une bonne recette pour un retour réussi.

Pas besoin de rejetter en bloc quoi que ce soit, de se tenir dans des extrêmes dangereuses ou inutilement déstabilisantes. Juste prendre le temps de digérer tout ça et de me demander comment je peux "upgrader"ensuite.

Je vous remercie du fond du coeur pour vos mots, vos encouragements, vos impressions. Moi qui était parfois un peu réfractaire à ce mode de communication (sans savoir de quoi je parlais je le reconnais), j'ai compris à quel point un blogue peux garder les gens tout près les uns des autres. 

Je vais conclure ici, et aller de l'avant. Une page se tourne.

Et il en reste plein d'autres, c'est ça le plus beau!

Babenen,

Vincent

PS:
Avis aux intéressé, je connais un mec qui a comme hâte de revoir un endroit appelé "Pobe" ou quelque chose comme ça. Je sais qu'on y sert des jus et même de la bière je crois et qu'on y trouve de très bons sandwichs ronds. On se voit là?


samedi 21 juin 2008

Le Petit Prince

C'est exactement ce qui se passe ici.

Je quitte dans 4 jours Diambalo, avec l'horloge affective toute débalancée. Je ne reverrai plus jamais ces gens que j'aurai appris à connaître et à aimer, ce qui me rend assez triste et nostalgique par anticipation. En même temps, je ne me peux plus d'aller rejoindre les vignes suisses et... une maudite grosse raclette.

J'ai cuisiné hier des beignets ( ou plutôt des trous de beignes) trempés dans le sirop d'érable. De beaux moments, c'était très riche. Michelle et les autres en avaient déjà fait pour le côté wolof du village, où tout le monde voulait s'en accaparer un maximum, de vrais enfants. Ce moment ayant bien refroidi mes amis, j'appréhendais un peu la même chose pour le côté peul.

Ils sont tellement relax, eux. Personne n'a crié, personne ne s'est précipité, toutes les familles ont eu leur petit sac, tout le monde était content.

Ce soir, petite fête à Darou chez Joanie qui nous accueille pour une St-Jean anticipée. Bon, ici, il n'y a pas de feux juste pour le plaisir et il manquera cruellement de guitares. Bof, deux djembés, 16 voix et un bel esprit, ce sera suffisant. Demain, plage pour la dernière fois.

Lundi, l'union locale des femmes nous organise une petite fête pour nous dire au revoir... à Diambalo. On va danser, chanter, boire du ataya et du Africa Fun (le Fanta africain). Cette union, c'est le contact de Mer et Monde sur le terrain. Elles sont très gentilles, quoique bien enclines à soutirer de l'argent aux toubabs dès que l'occasion se présente. Disons que ça refroidit parfois l'ambiance, mais bon, pour lundi ce sera plein de charme. Départ mercredi matin de Diambalo.

Après, deux jours à Dakar pour l'évaluation du stage, et visite à l'ile de Gorée. Nous dormirons sur l'ile de Ngor, dans des appartements de 8 personnes, autocuisine et tout. Malade.

Puis, direction Toubab Dialao, à 65km au sud de Dakar, pour farniente sur la plage et un arbre en arbre... dans les baobabs. Le tout pendant 3 dodos. Puis, nous visiterons le Siné-Saloum, un delta encore plus au sud, et resterons dans une pension dans un petit village appellé Fimela. Parties de pêches et excursions en pirogues dans les mangroves sous les palétuviers seront au menu.

NB: Dieu qu'il est pratique d'avoir un ami sénégalais (Ismael, le coordonateur de MetM sénégal) pour négocier les prix. On se serait fait joliment plumer sans lui.

Je quitterai le Sénégal le 7 juillet, après deux petits jours à Dakar pour voir ce qu'il faut y voir.

Fin du trip. Une page sera tournée.

Je ne verrai probablement pas de cyber avant le 6 juillet... peut-être trouverai-je un ordi à gauche ou à droite d'ici là. Sinon, je vous souhaite une bonne suite d'été, et un temps plus potable!

Merci les parents pour les moves Europe, je n'aurais pas pu faire ça d'ici. Le courant est capricieux, et le cyber aujourd'hui n'était pas prévu. Merci Jess pour l'accueil, Val pour tes doux mails, les amis pour vos messages, maman pour m'avoir conçu.

Bonne St-Jean.

samedi 14 juin 2008

A sameri???

Oui, je vais beaucoup mieux, merci! ( c'était ton corps est mieux ? en pular)

La fièvre est tombée, j'ai dégonflé de partout, sauf du moral. On profite de chaque seconde, à 11 jours du départ. Difficile de ne pas faire le décompte, car j'appréhende autant que j'ai hâte.
Retrouver mes repères, ce sera bon.
Quitter ceux créés ici, ce sera wierd.
Ainsi passe le stage, c'est ce qui en fait une expérience aussi complète. Là aussi j'apprends à mort.
Anecdote: aujourd'hui, on a fait une pause de cyber vers 13h, heure de la bouffe, puis de la prière et de la sieste. Heure où tout s'arrête, même la sollicitation. Pique-nique dans le champ de mangue avec Michelle, Mathieu et Marie (deux stagiaires en médecine, mes coloc's de Diambalo, des perles...). Passe un disciple musulman du Mbaye Fall, une confrérie religieuse plutôt intrigante dans son mix de tradition animiste et d'islam. Nous échangeons, car ici tout le monde se parle, et le contact passe très bien. Finalement, nous sommes passés à travers champs jusque chez lui pour le ataya. Je ne peux pas vous traduire en mot le trip de parler mondialisation, échanger sur le sort du monde et les habitudes de ses habitants dans une case de paille en plein champ, avec un philosophe vivant de la vraie simplicité volontaire, empreinte d'amour pour son pays et pour la nature. Le hasard fait excessivement bien les choses, et nous récompense lorsqu'on le happe au passage.
C'est exactement ça, mon stage: des moments à croquer sur le vif, des instants qui arrivent sans prévenir et que je veux graver dans ma mémoire. Ils me permettront de grandir une fois revenu.
Il fait p... chaud, la pluie de l'hivernage s'est démené pour la première fois hier pendant 10 minutes, faisant au moins tomber un instant l'humidité étouffante.
Je vais bien, et me réjouis de vous revoir, vous avez pas idée. J'ai trop hâte au camp scout.
Merci pour vos mails, Jean, élise, Val et les autres.
Qui a gagné quoi au gala?
Finalement c'est Détroit en 6, c'est ça?
Quelles sont les nouvelles du pays?
Moi, l'isolement, ça, ça commence à me pomper un peu. Mon royaume pour un Devoir, un Courrier et un Canard, en même temps, avec un VRAI café!!!
a ngungol,
Mamadel

samedi 7 juin 2008

J'ai l'air d'un hamster...

Les oreillons (ou quelque chose qui y ressemble) au Sénégal, ça fait rire les adultes qui y voient une maladie d'enfant.

Moi je ris juste un peu, pasque ça me fait mal à la bouche (aphtes de m...). Sérieux, je stressais un peu voyant la fièvre monter à 40 il y a deux jours, mais une petite visite à l'hopital de Thiès m'a soulagé à tous les niveaux... inlcuant le portefeuil d'ailleurs. Un vrai médecin avec un vrai diagnostic, la clim' dans la salle, de vrais instruments de médecin, un français impeccable... il ne manquait que la piscine. Antibiotiques et anti inflamatoires jusqu'à mardi, et rebelote à l'hopital pour un suivi.

Rien de grave, et rien qui ne pourra m'entammer le moral... à 18 jours de mon départ de Diambalo. Oui, déjà. On commence le compte à rebours, et je réalise peu à peu que toutes ces personnes que j'aurai apprises à connaître et à aimer, je ne les reverrai plus jamais. C'est un sentiment bizarre, presque abstrait. C'est le Petit Prince au sens propre que je vis ici.

Alors bon, au lieu de me projetter, je préfère gouter le moment présent, et accepter avec philosophie que tout cela a une fin. C'est normal, et c'est aussi ce que ça a de beau, et de formateur aussi.

Je goûte donc chaque moment, chaque mangue, chaque maare liiji (riz et poisson), chaque ocho'de (oeuf cuit dans trois litres d'huile...), chaque soble (oignon), chaque bout de mburu (pain à l'air)... et maudit que je me réjouis de mon premier burger et de ma prochaine raclette!! Oui, la poésie par rapport au Sénégal s'arrête lorsque mon estomac prend la parole.

(Moment de grâce, en apparté: à la télévision du cyber où je me trouve, omniprésente, je viens d'entraperevoir à l'instant le clip de Water runs dry de Boys II Mens. California Love de Tupac, la semaine dernière, ce n'était pas assez de vintage encore...)

L'école va bien, encore la semaine prochaine de cours et ce sera la semaine de révision précedant les examens. J'ai bien réussi à mes yeux à apporter ma couleur, la manipulation et même des situations-problèmes. Tout cela dans la mesure du possible du milieu; il règne dans cette classe un climat d'échanges dont je nous trouves très, très chanceux.

Mot à Richard Angeloro: il ne me reste que peu de temps au cyber, je t'écris donc ici. Pour la compétence 8, il sera irréaliste pour moi d' amener la famille au cyber. Je propose donc d'échanger avec mon professeur associé des ressources informatiques sur la pédagogie, les SAE, etc. à suivre...

Merci encore pour vos doux mots. Gaëlle, Richard, Papa, Maman, Céline, Manu, Jean, François, et tout ceux que j'ai le malheur d'oublier. J'ai le cerveau en compote.

à bientôt...

mamadou

jeudi 29 mai 2008

Photos photos

Petit déjeûner en famille: pain nuage, café instant, beurre et ataya. Moment que j'aime bien.












Chemin que j'emprunte plusieurs fois par jour et qui mène à la maison où je dors, à l'extrémité ouest du village, ou actuellementau fond à droite si vous préférez .

Maison où je fais dodo et vis la plupart du temps, avec pignon sur brousse. Le puits est à droite, et les toilettes sonjt dans la petite bécosse à gauche.











Endroit que j'aime bien, le puits, avec les chèvres et les vaches. J'y vais très fréquement, pour puiser bien sûr, mais aussi pour laver mes vêtements les week-end (ils me laissent le faire maintenant!). Un endroit privilégié pour échanger et laisser l'occasion aux femmes de se payer ma tête, surtout lorsque je woupat (lave mon linge en Peul).











Vue de ma chambre. Symphonies de coqs, de chèvres et de vaches tous les matins. La mer est dans cette direction (et quelques autres) à 5 km.

Surtout, ici le soir, un soleil hollywoodien se couche juste devant moi, à une vitesse fulgurante, mais avec des couleurs... mes amis, que c'est beau.







Voilà. à une prochaine fois.

Ps: Val, ton appareil refuse d'entrer dans les ordis sénégalais, j'utilise donc quand je peux celui de Michelle.

Mi-stage, tête dans les nuages

ça roule.

La vie est chaude, je suis aujourd'hui plus rouge que le plus bouilli des homards. Le soleil plombe toujours directement du zénith, impérial.

Semaine pleine de rebondissements... Notre animateur Mamadou, ave lequel nous avons tissés tant de liens, a subitement démissionné de Mer et Monde dans une tempête d'histoires de bureau qui m'ont plus diverti qu'outré. Il reste présent et attahé à nous, mais l'urgence commandait, et nous sommes désormais rompus à devoir travailler avec Ismael, le patron et MetM Sénegal, très gentil quoiqu'absolument pas neutre dans cette histoire. Celle-ci pourrait facilement être très inconfortable pour nous, mais je me suis personnellement mis en tête de rester dans ma neutralité suisse et de simplement continuer mon bonhomme de chemin avec l'autonomie que j'ai réussi à obtenir pendant ce premier mois. Inch allah ( ou sa allah jàbi en pular), moi je dis qu'il ya des choses plus graves.

Niveau école, ça roule aussi. Je me conforme tout en insérant un peu de socioconstructivisme au jour le jour. Les enfants sont plus habitués à nous et la spontanéité croît lentement mais sûrement. Lorsque je parlais de leurs connaissances d'éducation civique... c'est que je ne pense pas connaître un seul enfant québécois de 6e année qui pourrait me nommer les éléments consituants d'un état, les principes fondammentaux du CICR, les organisations régionales et nationales de son territoire ou trouver de quel ministère ou instance relève le plan de développement du Sénegal.

Le problème est que ces connaissances sont exclusivement, pour emprunter un terme local, parcoeurisées. Les décloisonner pour les amener à faire des liens entre elles constitue un défi que je m'attelle à relever. Je dois par exemple (et je n'ai pas le choix) respecter les limites que 7 ans d'éducation par mémorisation ont implantés chez ces élèves.

Sinon... samedi aura lieu le math de double qualification Coupe d'Afrique et Mondial 2010 opposant les Lions de la Teranga (équipe nationale sénégalaise) et l'Algérie... et tous les stagiaires de MetM y sont conviés!!! On va aller tâter de la foule, ça va être incroyable. Ici, le stade de Dakar est tout simplement la seconde Mecque de tous, toutes religions confondues.

Question religion, il est vrai que je ne suis pas étendu jusqu'à maintenant sur le sujet. C'est peut-être parce que rien ne m'a étonné ou choqué. Un tableau rapide: à Diambalo, tout le monde e tourne vers La Mecque tous les jours. Aucun muezzin, pour le plus grand bien de mon sommeil, le village étant bien trop petit. Je me suis lié d'amitié ave Pape le boutiquier, chez qui je glande à la lumière de sa lampe propane presque tous les soirs. Il se qualifie lui-même de radical, ayant même retiré la musique de sa vie. Pourtant, lors des conversations d'un français correct tant avec lui qu'avec d'autres, je découvre l'ouverture dans la fermeture. Les échanges sont riches, je m'y présente comme je suis, dans mes convictions, et je me rends compte que nous avons beaucoup de choses en commun, bien au-delà des absolus et des symboles.

Voilà. En passant, je vais tenter d'ajouter des photos de mon milieu, j'espère que ça va marcher.

Merci pour vos mails et vos messages, ils ont ici une portée que vous ne soupçonnez même pas!


Babenen yoon

Ps: running gag, pas très politically correct...

I just found a 12 inche allah...

mercredi 21 mai 2008

On prend le rythme

Je stage est bien entammé,les points de détails sur la nourriture et son manque cruel de protéines se règlent progressivement avec ma famille, ma santé est stable: je suis installé assez solidement.

Je suis et serai jusqu'à la fin, finalement, dans la classe de CM2. Mon objectif: aller gratter suffisament la couche de retenue qui recouvre ces enfants pour faire émerger un peu de spontanéité. Mon prof m'a fait clairement comprendre que je ne devrais pas trop sortir du cadre traditionnel, mais en favorisant un climat d'échanges et sens que je seai capable d'apporter progressivement ma couleur dans cette classe. On peut faire du trad' au quotidien, mais on peut aussi sortir des sentiers battus pour des petits projets hedomadaires. Les connaissances immenses de ces enfants en sciences humaines (ce qu'ils appellent ici éducation civique) m'inspirent quelques idées d'activités que jamais jene pourrais tenter au Québec! Il y a beaucoup à faire, c'eststimulant comme tout, mais il ne faut jamais oublier la diplomatie au jour le jour, tant avec mon prof qu'avec toutes les autres personnes d'ailleurs. On calcul au quotidien et cherchons de petits gains, de petites victoires.

Il fait très,très chaud aujourd'hui, ce qui ne s'arrangera pas jusquau point culminant de l'hivernage, qui arrivera mi-juin.

sérieux, la vie est pas mal belle compte tenu des circonstances. Les jours sont parfois longs, mais toujours les soirs ils me semblent finalement rapides.

La lune est hallucinante, la brousse est superbe...et la mer aussi.Chaque dimanche, avec notre animateur Mamadou, nous nous réunissons les 16 stagiaires pour faire notre "thérapie de groupe" et pour ensuite aller taquiner les vagues. Agréable lieu, dépourvu de touristes, loin de l'hotel plein d'étoiles que du Lac Rose, celui dont j'évite de parler à ma famille tant il contraste avec notre milieu de vie!

Merci pour vos messages, ils me font beaucoup, beaucoup plaisir.

A ngungol

Mamadou