mercredi 9 juillet 2008

Boucle

Voilà.

Sous le ciel Suisse, accueilli avec chaleur, je retrouve peu à peu le monde tel que je le connais. Je me le réapproprie tranquillement, et commence à découvrir quelle couleur je lui donnerai suite à un tel périple. Joindre les deux mondes au lieu de rejetter l'un des deux, je crois qu'il s'agit là d'une bonne recette pour un retour réussi.

Pas besoin de rejetter en bloc quoi que ce soit, de se tenir dans des extrêmes dangereuses ou inutilement déstabilisantes. Juste prendre le temps de digérer tout ça et de me demander comment je peux "upgrader"ensuite.

Je vous remercie du fond du coeur pour vos mots, vos encouragements, vos impressions. Moi qui était parfois un peu réfractaire à ce mode de communication (sans savoir de quoi je parlais je le reconnais), j'ai compris à quel point un blogue peux garder les gens tout près les uns des autres. 

Je vais conclure ici, et aller de l'avant. Une page se tourne.

Et il en reste plein d'autres, c'est ça le plus beau!

Babenen,

Vincent

PS:
Avis aux intéressé, je connais un mec qui a comme hâte de revoir un endroit appelé "Pobe" ou quelque chose comme ça. Je sais qu'on y sert des jus et même de la bière je crois et qu'on y trouve de très bons sandwichs ronds. On se voit là?


samedi 21 juin 2008

Le Petit Prince

C'est exactement ce qui se passe ici.

Je quitte dans 4 jours Diambalo, avec l'horloge affective toute débalancée. Je ne reverrai plus jamais ces gens que j'aurai appris à connaître et à aimer, ce qui me rend assez triste et nostalgique par anticipation. En même temps, je ne me peux plus d'aller rejoindre les vignes suisses et... une maudite grosse raclette.

J'ai cuisiné hier des beignets ( ou plutôt des trous de beignes) trempés dans le sirop d'érable. De beaux moments, c'était très riche. Michelle et les autres en avaient déjà fait pour le côté wolof du village, où tout le monde voulait s'en accaparer un maximum, de vrais enfants. Ce moment ayant bien refroidi mes amis, j'appréhendais un peu la même chose pour le côté peul.

Ils sont tellement relax, eux. Personne n'a crié, personne ne s'est précipité, toutes les familles ont eu leur petit sac, tout le monde était content.

Ce soir, petite fête à Darou chez Joanie qui nous accueille pour une St-Jean anticipée. Bon, ici, il n'y a pas de feux juste pour le plaisir et il manquera cruellement de guitares. Bof, deux djembés, 16 voix et un bel esprit, ce sera suffisant. Demain, plage pour la dernière fois.

Lundi, l'union locale des femmes nous organise une petite fête pour nous dire au revoir... à Diambalo. On va danser, chanter, boire du ataya et du Africa Fun (le Fanta africain). Cette union, c'est le contact de Mer et Monde sur le terrain. Elles sont très gentilles, quoique bien enclines à soutirer de l'argent aux toubabs dès que l'occasion se présente. Disons que ça refroidit parfois l'ambiance, mais bon, pour lundi ce sera plein de charme. Départ mercredi matin de Diambalo.

Après, deux jours à Dakar pour l'évaluation du stage, et visite à l'ile de Gorée. Nous dormirons sur l'ile de Ngor, dans des appartements de 8 personnes, autocuisine et tout. Malade.

Puis, direction Toubab Dialao, à 65km au sud de Dakar, pour farniente sur la plage et un arbre en arbre... dans les baobabs. Le tout pendant 3 dodos. Puis, nous visiterons le Siné-Saloum, un delta encore plus au sud, et resterons dans une pension dans un petit village appellé Fimela. Parties de pêches et excursions en pirogues dans les mangroves sous les palétuviers seront au menu.

NB: Dieu qu'il est pratique d'avoir un ami sénégalais (Ismael, le coordonateur de MetM sénégal) pour négocier les prix. On se serait fait joliment plumer sans lui.

Je quitterai le Sénégal le 7 juillet, après deux petits jours à Dakar pour voir ce qu'il faut y voir.

Fin du trip. Une page sera tournée.

Je ne verrai probablement pas de cyber avant le 6 juillet... peut-être trouverai-je un ordi à gauche ou à droite d'ici là. Sinon, je vous souhaite une bonne suite d'été, et un temps plus potable!

Merci les parents pour les moves Europe, je n'aurais pas pu faire ça d'ici. Le courant est capricieux, et le cyber aujourd'hui n'était pas prévu. Merci Jess pour l'accueil, Val pour tes doux mails, les amis pour vos messages, maman pour m'avoir conçu.

Bonne St-Jean.

samedi 14 juin 2008

A sameri???

Oui, je vais beaucoup mieux, merci! ( c'était ton corps est mieux ? en pular)

La fièvre est tombée, j'ai dégonflé de partout, sauf du moral. On profite de chaque seconde, à 11 jours du départ. Difficile de ne pas faire le décompte, car j'appréhende autant que j'ai hâte.
Retrouver mes repères, ce sera bon.
Quitter ceux créés ici, ce sera wierd.
Ainsi passe le stage, c'est ce qui en fait une expérience aussi complète. Là aussi j'apprends à mort.
Anecdote: aujourd'hui, on a fait une pause de cyber vers 13h, heure de la bouffe, puis de la prière et de la sieste. Heure où tout s'arrête, même la sollicitation. Pique-nique dans le champ de mangue avec Michelle, Mathieu et Marie (deux stagiaires en médecine, mes coloc's de Diambalo, des perles...). Passe un disciple musulman du Mbaye Fall, une confrérie religieuse plutôt intrigante dans son mix de tradition animiste et d'islam. Nous échangeons, car ici tout le monde se parle, et le contact passe très bien. Finalement, nous sommes passés à travers champs jusque chez lui pour le ataya. Je ne peux pas vous traduire en mot le trip de parler mondialisation, échanger sur le sort du monde et les habitudes de ses habitants dans une case de paille en plein champ, avec un philosophe vivant de la vraie simplicité volontaire, empreinte d'amour pour son pays et pour la nature. Le hasard fait excessivement bien les choses, et nous récompense lorsqu'on le happe au passage.
C'est exactement ça, mon stage: des moments à croquer sur le vif, des instants qui arrivent sans prévenir et que je veux graver dans ma mémoire. Ils me permettront de grandir une fois revenu.
Il fait p... chaud, la pluie de l'hivernage s'est démené pour la première fois hier pendant 10 minutes, faisant au moins tomber un instant l'humidité étouffante.
Je vais bien, et me réjouis de vous revoir, vous avez pas idée. J'ai trop hâte au camp scout.
Merci pour vos mails, Jean, élise, Val et les autres.
Qui a gagné quoi au gala?
Finalement c'est Détroit en 6, c'est ça?
Quelles sont les nouvelles du pays?
Moi, l'isolement, ça, ça commence à me pomper un peu. Mon royaume pour un Devoir, un Courrier et un Canard, en même temps, avec un VRAI café!!!
a ngungol,
Mamadel

samedi 7 juin 2008

J'ai l'air d'un hamster...

Les oreillons (ou quelque chose qui y ressemble) au Sénégal, ça fait rire les adultes qui y voient une maladie d'enfant.

Moi je ris juste un peu, pasque ça me fait mal à la bouche (aphtes de m...). Sérieux, je stressais un peu voyant la fièvre monter à 40 il y a deux jours, mais une petite visite à l'hopital de Thiès m'a soulagé à tous les niveaux... inlcuant le portefeuil d'ailleurs. Un vrai médecin avec un vrai diagnostic, la clim' dans la salle, de vrais instruments de médecin, un français impeccable... il ne manquait que la piscine. Antibiotiques et anti inflamatoires jusqu'à mardi, et rebelote à l'hopital pour un suivi.

Rien de grave, et rien qui ne pourra m'entammer le moral... à 18 jours de mon départ de Diambalo. Oui, déjà. On commence le compte à rebours, et je réalise peu à peu que toutes ces personnes que j'aurai apprises à connaître et à aimer, je ne les reverrai plus jamais. C'est un sentiment bizarre, presque abstrait. C'est le Petit Prince au sens propre que je vis ici.

Alors bon, au lieu de me projetter, je préfère gouter le moment présent, et accepter avec philosophie que tout cela a une fin. C'est normal, et c'est aussi ce que ça a de beau, et de formateur aussi.

Je goûte donc chaque moment, chaque mangue, chaque maare liiji (riz et poisson), chaque ocho'de (oeuf cuit dans trois litres d'huile...), chaque soble (oignon), chaque bout de mburu (pain à l'air)... et maudit que je me réjouis de mon premier burger et de ma prochaine raclette!! Oui, la poésie par rapport au Sénégal s'arrête lorsque mon estomac prend la parole.

(Moment de grâce, en apparté: à la télévision du cyber où je me trouve, omniprésente, je viens d'entraperevoir à l'instant le clip de Water runs dry de Boys II Mens. California Love de Tupac, la semaine dernière, ce n'était pas assez de vintage encore...)

L'école va bien, encore la semaine prochaine de cours et ce sera la semaine de révision précedant les examens. J'ai bien réussi à mes yeux à apporter ma couleur, la manipulation et même des situations-problèmes. Tout cela dans la mesure du possible du milieu; il règne dans cette classe un climat d'échanges dont je nous trouves très, très chanceux.

Mot à Richard Angeloro: il ne me reste que peu de temps au cyber, je t'écris donc ici. Pour la compétence 8, il sera irréaliste pour moi d' amener la famille au cyber. Je propose donc d'échanger avec mon professeur associé des ressources informatiques sur la pédagogie, les SAE, etc. à suivre...

Merci encore pour vos doux mots. Gaëlle, Richard, Papa, Maman, Céline, Manu, Jean, François, et tout ceux que j'ai le malheur d'oublier. J'ai le cerveau en compote.

à bientôt...

mamadou

jeudi 29 mai 2008

Photos photos

Petit déjeûner en famille: pain nuage, café instant, beurre et ataya. Moment que j'aime bien.












Chemin que j'emprunte plusieurs fois par jour et qui mène à la maison où je dors, à l'extrémité ouest du village, ou actuellementau fond à droite si vous préférez .

Maison où je fais dodo et vis la plupart du temps, avec pignon sur brousse. Le puits est à droite, et les toilettes sonjt dans la petite bécosse à gauche.











Endroit que j'aime bien, le puits, avec les chèvres et les vaches. J'y vais très fréquement, pour puiser bien sûr, mais aussi pour laver mes vêtements les week-end (ils me laissent le faire maintenant!). Un endroit privilégié pour échanger et laisser l'occasion aux femmes de se payer ma tête, surtout lorsque je woupat (lave mon linge en Peul).











Vue de ma chambre. Symphonies de coqs, de chèvres et de vaches tous les matins. La mer est dans cette direction (et quelques autres) à 5 km.

Surtout, ici le soir, un soleil hollywoodien se couche juste devant moi, à une vitesse fulgurante, mais avec des couleurs... mes amis, que c'est beau.







Voilà. à une prochaine fois.

Ps: Val, ton appareil refuse d'entrer dans les ordis sénégalais, j'utilise donc quand je peux celui de Michelle.

Mi-stage, tête dans les nuages

ça roule.

La vie est chaude, je suis aujourd'hui plus rouge que le plus bouilli des homards. Le soleil plombe toujours directement du zénith, impérial.

Semaine pleine de rebondissements... Notre animateur Mamadou, ave lequel nous avons tissés tant de liens, a subitement démissionné de Mer et Monde dans une tempête d'histoires de bureau qui m'ont plus diverti qu'outré. Il reste présent et attahé à nous, mais l'urgence commandait, et nous sommes désormais rompus à devoir travailler avec Ismael, le patron et MetM Sénegal, très gentil quoiqu'absolument pas neutre dans cette histoire. Celle-ci pourrait facilement être très inconfortable pour nous, mais je me suis personnellement mis en tête de rester dans ma neutralité suisse et de simplement continuer mon bonhomme de chemin avec l'autonomie que j'ai réussi à obtenir pendant ce premier mois. Inch allah ( ou sa allah jàbi en pular), moi je dis qu'il ya des choses plus graves.

Niveau école, ça roule aussi. Je me conforme tout en insérant un peu de socioconstructivisme au jour le jour. Les enfants sont plus habitués à nous et la spontanéité croît lentement mais sûrement. Lorsque je parlais de leurs connaissances d'éducation civique... c'est que je ne pense pas connaître un seul enfant québécois de 6e année qui pourrait me nommer les éléments consituants d'un état, les principes fondammentaux du CICR, les organisations régionales et nationales de son territoire ou trouver de quel ministère ou instance relève le plan de développement du Sénegal.

Le problème est que ces connaissances sont exclusivement, pour emprunter un terme local, parcoeurisées. Les décloisonner pour les amener à faire des liens entre elles constitue un défi que je m'attelle à relever. Je dois par exemple (et je n'ai pas le choix) respecter les limites que 7 ans d'éducation par mémorisation ont implantés chez ces élèves.

Sinon... samedi aura lieu le math de double qualification Coupe d'Afrique et Mondial 2010 opposant les Lions de la Teranga (équipe nationale sénégalaise) et l'Algérie... et tous les stagiaires de MetM y sont conviés!!! On va aller tâter de la foule, ça va être incroyable. Ici, le stade de Dakar est tout simplement la seconde Mecque de tous, toutes religions confondues.

Question religion, il est vrai que je ne suis pas étendu jusqu'à maintenant sur le sujet. C'est peut-être parce que rien ne m'a étonné ou choqué. Un tableau rapide: à Diambalo, tout le monde e tourne vers La Mecque tous les jours. Aucun muezzin, pour le plus grand bien de mon sommeil, le village étant bien trop petit. Je me suis lié d'amitié ave Pape le boutiquier, chez qui je glande à la lumière de sa lampe propane presque tous les soirs. Il se qualifie lui-même de radical, ayant même retiré la musique de sa vie. Pourtant, lors des conversations d'un français correct tant avec lui qu'avec d'autres, je découvre l'ouverture dans la fermeture. Les échanges sont riches, je m'y présente comme je suis, dans mes convictions, et je me rends compte que nous avons beaucoup de choses en commun, bien au-delà des absolus et des symboles.

Voilà. En passant, je vais tenter d'ajouter des photos de mon milieu, j'espère que ça va marcher.

Merci pour vos mails et vos messages, ils ont ici une portée que vous ne soupçonnez même pas!


Babenen yoon

Ps: running gag, pas très politically correct...

I just found a 12 inche allah...

mercredi 21 mai 2008

On prend le rythme

Je stage est bien entammé,les points de détails sur la nourriture et son manque cruel de protéines se règlent progressivement avec ma famille, ma santé est stable: je suis installé assez solidement.

Je suis et serai jusqu'à la fin, finalement, dans la classe de CM2. Mon objectif: aller gratter suffisament la couche de retenue qui recouvre ces enfants pour faire émerger un peu de spontanéité. Mon prof m'a fait clairement comprendre que je ne devrais pas trop sortir du cadre traditionnel, mais en favorisant un climat d'échanges et sens que je seai capable d'apporter progressivement ma couleur dans cette classe. On peut faire du trad' au quotidien, mais on peut aussi sortir des sentiers battus pour des petits projets hedomadaires. Les connaissances immenses de ces enfants en sciences humaines (ce qu'ils appellent ici éducation civique) m'inspirent quelques idées d'activités que jamais jene pourrais tenter au Québec! Il y a beaucoup à faire, c'eststimulant comme tout, mais il ne faut jamais oublier la diplomatie au jour le jour, tant avec mon prof qu'avec toutes les autres personnes d'ailleurs. On calcul au quotidien et cherchons de petits gains, de petites victoires.

Il fait très,très chaud aujourd'hui, ce qui ne s'arrangera pas jusquau point culminant de l'hivernage, qui arrivera mi-juin.

sérieux, la vie est pas mal belle compte tenu des circonstances. Les jours sont parfois longs, mais toujours les soirs ils me semblent finalement rapides.

La lune est hallucinante, la brousse est superbe...et la mer aussi.Chaque dimanche, avec notre animateur Mamadou, nous nous réunissons les 16 stagiaires pour faire notre "thérapie de groupe" et pour ensuite aller taquiner les vagues. Agréable lieu, dépourvu de touristes, loin de l'hotel plein d'étoiles que du Lac Rose, celui dont j'évite de parler à ma famille tant il contraste avec notre milieu de vie!

Merci pour vos messages, ils me font beaucoup, beaucoup plaisir.

A ngungol

Mamadou

jeudi 15 mai 2008

La nuit, les souris dansent...

Dans ma chambre!

à Part ça, tout roule quand même. Nous sommes partis hier pour le Lac Rose pour notre première rncontre Mer et Monde d tous les stagiaires. Hotel, piscine, palmiers, dromadaires pour randonnée, Coca Cola... je ne comprends pas raiment le move de nous envoyer là. Oui, on se l'est coulée douce, et ce n'est jamais désagréable. Néanmoins, quand on nous prépare pendant des mois à l'importance de ne pas vivre un voyage de tourisme mais plutôt de rencontre interculturelle, l'idée d'aller dépenser notre argent dans un hôtel tenu par des toubabs bien riches me semble incohérente avecla si grande philosophie meretmondienne.

Il fait chaud, j'aime mon milieu, les geckos et cafards vous saluent.

Une chose me manque: un état de droit. Ici, aucune règle pour régir les comportements, aucun code de route, des gendarmes opportunistes de contrôles à graisser constemment, des prix dont l'inflation dépend de la couleur de la peau du client...

Je ne voyais pas à quel point je peux savourer la rectitude juridique que l'on vit chez nous. Ici, c'est tou simplement le bordel, et celui qui n'est pas prévenu se fera plumer, c'est sur.

à plus!

lundi 12 mai 2008

Deux semaines de passé...

Et on s'adapte assez, rapidement, presque à notre insu!

On m'a noté que je laissis de côté l'aspect scolaire. Je rectifie.

Je suis dans une école de brousse avec très, très peu de moyens. Trois classes, dont deux multigrades et une de CM2, soit les plus grands, environ sixième année. Une pédagogie à des années lumières de notre réalité québécoise, basée presque uniquement sur la mémorisation, sans importance donnée au sens des apprentissages. C'est la grève ici, deux classes sur trois sont donc fermées pour cette semaine et probablement les prochaines, Michelle et moi observons donc ensemble en CM2.

La difficulté est grande, je ne sens aucune marge de manoeuvre pour donner un tant soit peu de couleur UdeM à notre stage. Nous sommes vraiment très, très loin de l'université. N'étant pas de mon pouvoir de négocier les augmentations salariales, ni de provoquer un arrêts des pressions syndicales, je me vois obligé de prendre la situation au jour le jour et de composer avec elle. les contraintes sont grandes. Par exemple, la comunication est carrément impossible avec la plupart des niveaux, seuls les plus grands peuvent nous comprendre, et mon Wolof est plus que relatif. Vraiment, je ne vois pas ce que nous pourrons faire. Inch allah, c'est la seule mesure ici!

Au moins, notre "enseignant associé" actuel a la diligence de ne pas corriger physiquement les enfants devant nous. Notons par ailleurs que notre liberté d'action pour mettre un peu de couleur québécoise dans cette classe semble pous que limitée. Je veux bien penser à mettre en lien ma réalité québécoise et celle d'ici pour les fins de mon stage, cela ressemble à une gageure tellement je suis dans un autre monde.

Mais bon, j'apprends à communiquer, tant sur les questions positives que négatives. On gère au jour le jour.

Mon Pular va un peu mieux, et les gens sont hyper sympa. Je me suis véritablement construit un petit repère à Diambalo, vers lequel je me sens content de retourner après un week-end passé à l'extérieur avec Mer et Monde. Qui l'eût cru.

je vous embrasse tous très fort et adore lire vos petits messages.

mercredi 7 mai 2008

Hono bat da seili?

ça, c'est comment va la sante en pular.

Oui; on s'y habitue tranquillement. Il est incoyable de voir comment, pr'esque a notre insu, nous decouvrons nos ressources pour nous adapter a tyous types de situation.

Et quelle situation. Diambalo, un petit BLED perdu dans la brousse. Une famille Peul que j'apprends à connaitre, une nourriture nouvelle, un nouveau nom, des habitudes...

Ma mère s'appelle Fatou Djieng et ma famille est assez grand. Il y a quelques enfants qui captent le français, et dès le premier jours je fus à pied d oeuvre à apprendre le Pular, ce qui n'est pas une mince tache mettons. Pourtant, jours après jours, les relations se complexifient et gagent en richesse. La complicite est possible, meme lorsque l'on se comprend à peine!

je commence à me sentir bien ici, les gens apprennent à me connaitre et nous sortons peu à peu de la nouveaute pour entrer dans plus de profinfdeur. Par exemple, je commence a m'affirmer dans ma personnalite, a signifier que mon nom, c'est maintenant Mamadel Ka, et non Toubab, que je ne suis pas une vache a lait riche qui donnera de l'argent a tout le monde. Moi y'en a pas bon blanc qui sourit toujours, je suis un etre humain qui veut comme tout le monde vivre sa dignite. le message passe au rythme de mon acclimatation.

Dieu qu'il peut a ce sujet se passer de choses en une seule semaine. je suis parti de loin, d'un etat de panique assez nouveau pour moi, pour cheminer somme toute assez rapidement vers un certain confort dans ma nouvelle realite.

Elle est composee de toilettes qui ne rappellent en rien celles que je connais, avec ses gentilles coquerelles a la nuit tombee. Il y a les odeurs tres champetres d'urine d'animaux, une langue qui devient de moins en moins du bruit a mes oreilles, une ecole de brousse dont la pedagogie ferait rougir, ou rugir, nos pedagogues quebecois.

Mais, surtout, il y a le rythme de vie. ici, la regle d'or est de se POSER. Pas se repposer un petit peu, s'avachir de tout son long soius les arbres des qu on a un moment ou quelau un a qui parler, ce qui peut etre le cas toute la journee. Le ataii, le the, sucre et fort comme le reste de la nourriture, n'est jamais loin, et les arachides non plus. Pour aller vers un endroit a 50 metres, on peut mettre une heure et demie juste parce qu ici la regle minimale de savoir vivre est de s'arreter a chaque arbre;, chaque personne, pour prendre des nouvelles. Oui, ça peut etre tres, tres long, et je comprend aujourd'hui pourquoi les africains sont ainsi systematiquement en retard.

Je dors dans une belle chambre, dans un grand lit double. Aussi incroyable que cela puisse paraitre, c'est la verite! Il s'agit d'ailleurs de la chambre du père de famille qui est decede et qui a ete reprise par le frere de Fatou Djieng. J ai donc un minimum d'intimite, ce qui fait vraiment du bien. Je partae egalement le village avec Michelle, une autre stagiaire, e qui aide a canaliser lorsqu'on en a trop sur la patate. Notez que nous ne sommes pas du meme cote de village et qu elle est chez les wolofs, alors que moi je vis dans ma moitie pular, mais nous nous voyonsquand meme souvent.

J'qurais voulu mettre des photos, mais je ne suis pas capable de les entrer dans le brontosaure d'ordi sur lequel j'essaie de taper. Je suis en fait un peu plus loin du village de Mboro, là ou je peux trouver un cyber, que je ne l'avais precedemment annonce. Mais j'ai bon espoir de pouvoir donner de mes nouvelles au moins chaque semaine.

Le ciel; la nuit, est superbe. je suis au fin fond de nulle part, devenu une minorite visible. cela me fait flippe, parfois, et je me met a penser aux enfants que je suivait en soutien linguistique avant mon depart, qui eux aussi debarquaient souvent d un autre pays pour plonger dans un univers dont la langue est a des lieues de la leur, et je me dis que je dois developper la meme force qu'eux.

Je vous embrasse tous tres fort et aime beaucoup lire vos petits messages qui me touchent beaucoup. Ici, la solitude vous prend par spasmes, sans prevenir, pour repartir souvent aussitot.

Jiam Kirg'don

Mamadel

ps, ça veut dire bonsoir...

vendredi 2 mai 2008

Vision mondial, de l autre cote de la camera

Et sans les larmes et le ton presque condescendant.

Je suis arrive il y a deux jours dans le village ou je passerai les deux prochains mois. Autant l arrivee a Dakar etait un reve, autant je suis tombe de haut en arrivant a Diambalo, du cote PEUL du village. Alors deja que mon wolof etait naissant, autant je me sert aujourd hui de lui pour apprendre mon Peul!! Completement perdu le premier soir, sans savoir ce qu on qttend de moi et sans aucun moyen de comprehension que les gestes et quelques enfants pour traduire.

Depuis hier, ca va mieux, l angoisse passe et le rythme aricain s apprend. On ne peux pasd passer a travers le village sans s arreter sous chaque arbre pour les salutations d usage et les conversations... assez ardues.

Je suis dans le meme village que Michelle, une autre stagiaire, ce qui aide beaucoup a passer la pilule. Mon nom senegalais est Mamadel Ka et c est comme ca que je me fais interpeller tous les jours. Les enfants sont superbes, mais trop souvent couverts de galles et autres signes de maladies qui rappellent la precarite de leur existence. Tout ca est assez triste et me boulverse souvent.

je laisse aller et accepte ca, sauf lorsqu on les bats. Ca, ca me tue, et j entame un dialogue tres progressivement pour qu ils le comprennent.

J apprend egqlement a vivre le bordel organise de l Afrique et suis de plus en plus a l aise.

Hamdulilah.
Mebe te mike Mamadel Ka, soit je m appelle Mamadel.

je vous embrasse tous, et me rejouis de pouvoir donner dautres nouvelles. Le cyber n est pas trop loin;

Babenen,

Vincent

mardi 29 avril 2008

Bien arrive!!!

Le vent chaud est la, tout va bien. Je n ai pas le temps en ce moment pour ecrire un long message, mais je tâcherai de le faire le plus vite possible.

Je vais SUPER bien, c est le plus important. Je vous embrasse!

mercredi 23 avril 2008

Standby

Bienvenue!

Dans cet espace d'expression, vous pourrez suivre mes péripéties d'apprenti professeur et apprenti sénégalais.

Amis rencontrés, transports soufferts, nourriture digérée, boubous achetés, parties de football où j'aurai transpiré, échanges qui m'auront marqué, culture rencontrée, nourriture que j'aurai préparé, lavages où mes chemises en auront bavé, nouvelle(s) mère(s), nouveau père, frères, sœurs, cousins, chocs auxquels je n'aurai pas été préparé, maladies insoupçonnées, coquerelles apprivoisées, filets troués et sable aux pieds:

tous les détails ici vous trouverez.

Et vos commentaires j'espèrerai.

Pour plus d'intimité: tiensmonadresse@gmail.com

Je plonge, et je reviens!

Vincent