jeudi 29 mai 2008

Photos photos

Petit déjeûner en famille: pain nuage, café instant, beurre et ataya. Moment que j'aime bien.












Chemin que j'emprunte plusieurs fois par jour et qui mène à la maison où je dors, à l'extrémité ouest du village, ou actuellementau fond à droite si vous préférez .

Maison où je fais dodo et vis la plupart du temps, avec pignon sur brousse. Le puits est à droite, et les toilettes sonjt dans la petite bécosse à gauche.











Endroit que j'aime bien, le puits, avec les chèvres et les vaches. J'y vais très fréquement, pour puiser bien sûr, mais aussi pour laver mes vêtements les week-end (ils me laissent le faire maintenant!). Un endroit privilégié pour échanger et laisser l'occasion aux femmes de se payer ma tête, surtout lorsque je woupat (lave mon linge en Peul).











Vue de ma chambre. Symphonies de coqs, de chèvres et de vaches tous les matins. La mer est dans cette direction (et quelques autres) à 5 km.

Surtout, ici le soir, un soleil hollywoodien se couche juste devant moi, à une vitesse fulgurante, mais avec des couleurs... mes amis, que c'est beau.







Voilà. à une prochaine fois.

Ps: Val, ton appareil refuse d'entrer dans les ordis sénégalais, j'utilise donc quand je peux celui de Michelle.

Mi-stage, tête dans les nuages

ça roule.

La vie est chaude, je suis aujourd'hui plus rouge que le plus bouilli des homards. Le soleil plombe toujours directement du zénith, impérial.

Semaine pleine de rebondissements... Notre animateur Mamadou, ave lequel nous avons tissés tant de liens, a subitement démissionné de Mer et Monde dans une tempête d'histoires de bureau qui m'ont plus diverti qu'outré. Il reste présent et attahé à nous, mais l'urgence commandait, et nous sommes désormais rompus à devoir travailler avec Ismael, le patron et MetM Sénegal, très gentil quoiqu'absolument pas neutre dans cette histoire. Celle-ci pourrait facilement être très inconfortable pour nous, mais je me suis personnellement mis en tête de rester dans ma neutralité suisse et de simplement continuer mon bonhomme de chemin avec l'autonomie que j'ai réussi à obtenir pendant ce premier mois. Inch allah ( ou sa allah jàbi en pular), moi je dis qu'il ya des choses plus graves.

Niveau école, ça roule aussi. Je me conforme tout en insérant un peu de socioconstructivisme au jour le jour. Les enfants sont plus habitués à nous et la spontanéité croît lentement mais sûrement. Lorsque je parlais de leurs connaissances d'éducation civique... c'est que je ne pense pas connaître un seul enfant québécois de 6e année qui pourrait me nommer les éléments consituants d'un état, les principes fondammentaux du CICR, les organisations régionales et nationales de son territoire ou trouver de quel ministère ou instance relève le plan de développement du Sénegal.

Le problème est que ces connaissances sont exclusivement, pour emprunter un terme local, parcoeurisées. Les décloisonner pour les amener à faire des liens entre elles constitue un défi que je m'attelle à relever. Je dois par exemple (et je n'ai pas le choix) respecter les limites que 7 ans d'éducation par mémorisation ont implantés chez ces élèves.

Sinon... samedi aura lieu le math de double qualification Coupe d'Afrique et Mondial 2010 opposant les Lions de la Teranga (équipe nationale sénégalaise) et l'Algérie... et tous les stagiaires de MetM y sont conviés!!! On va aller tâter de la foule, ça va être incroyable. Ici, le stade de Dakar est tout simplement la seconde Mecque de tous, toutes religions confondues.

Question religion, il est vrai que je ne suis pas étendu jusqu'à maintenant sur le sujet. C'est peut-être parce que rien ne m'a étonné ou choqué. Un tableau rapide: à Diambalo, tout le monde e tourne vers La Mecque tous les jours. Aucun muezzin, pour le plus grand bien de mon sommeil, le village étant bien trop petit. Je me suis lié d'amitié ave Pape le boutiquier, chez qui je glande à la lumière de sa lampe propane presque tous les soirs. Il se qualifie lui-même de radical, ayant même retiré la musique de sa vie. Pourtant, lors des conversations d'un français correct tant avec lui qu'avec d'autres, je découvre l'ouverture dans la fermeture. Les échanges sont riches, je m'y présente comme je suis, dans mes convictions, et je me rends compte que nous avons beaucoup de choses en commun, bien au-delà des absolus et des symboles.

Voilà. En passant, je vais tenter d'ajouter des photos de mon milieu, j'espère que ça va marcher.

Merci pour vos mails et vos messages, ils ont ici une portée que vous ne soupçonnez même pas!


Babenen yoon

Ps: running gag, pas très politically correct...

I just found a 12 inche allah...

mercredi 21 mai 2008

On prend le rythme

Je stage est bien entammé,les points de détails sur la nourriture et son manque cruel de protéines se règlent progressivement avec ma famille, ma santé est stable: je suis installé assez solidement.

Je suis et serai jusqu'à la fin, finalement, dans la classe de CM2. Mon objectif: aller gratter suffisament la couche de retenue qui recouvre ces enfants pour faire émerger un peu de spontanéité. Mon prof m'a fait clairement comprendre que je ne devrais pas trop sortir du cadre traditionnel, mais en favorisant un climat d'échanges et sens que je seai capable d'apporter progressivement ma couleur dans cette classe. On peut faire du trad' au quotidien, mais on peut aussi sortir des sentiers battus pour des petits projets hedomadaires. Les connaissances immenses de ces enfants en sciences humaines (ce qu'ils appellent ici éducation civique) m'inspirent quelques idées d'activités que jamais jene pourrais tenter au Québec! Il y a beaucoup à faire, c'eststimulant comme tout, mais il ne faut jamais oublier la diplomatie au jour le jour, tant avec mon prof qu'avec toutes les autres personnes d'ailleurs. On calcul au quotidien et cherchons de petits gains, de petites victoires.

Il fait très,très chaud aujourd'hui, ce qui ne s'arrangera pas jusquau point culminant de l'hivernage, qui arrivera mi-juin.

sérieux, la vie est pas mal belle compte tenu des circonstances. Les jours sont parfois longs, mais toujours les soirs ils me semblent finalement rapides.

La lune est hallucinante, la brousse est superbe...et la mer aussi.Chaque dimanche, avec notre animateur Mamadou, nous nous réunissons les 16 stagiaires pour faire notre "thérapie de groupe" et pour ensuite aller taquiner les vagues. Agréable lieu, dépourvu de touristes, loin de l'hotel plein d'étoiles que du Lac Rose, celui dont j'évite de parler à ma famille tant il contraste avec notre milieu de vie!

Merci pour vos messages, ils me font beaucoup, beaucoup plaisir.

A ngungol

Mamadou

jeudi 15 mai 2008

La nuit, les souris dansent...

Dans ma chambre!

à Part ça, tout roule quand même. Nous sommes partis hier pour le Lac Rose pour notre première rncontre Mer et Monde d tous les stagiaires. Hotel, piscine, palmiers, dromadaires pour randonnée, Coca Cola... je ne comprends pas raiment le move de nous envoyer là. Oui, on se l'est coulée douce, et ce n'est jamais désagréable. Néanmoins, quand on nous prépare pendant des mois à l'importance de ne pas vivre un voyage de tourisme mais plutôt de rencontre interculturelle, l'idée d'aller dépenser notre argent dans un hôtel tenu par des toubabs bien riches me semble incohérente avecla si grande philosophie meretmondienne.

Il fait chaud, j'aime mon milieu, les geckos et cafards vous saluent.

Une chose me manque: un état de droit. Ici, aucune règle pour régir les comportements, aucun code de route, des gendarmes opportunistes de contrôles à graisser constemment, des prix dont l'inflation dépend de la couleur de la peau du client...

Je ne voyais pas à quel point je peux savourer la rectitude juridique que l'on vit chez nous. Ici, c'est tou simplement le bordel, et celui qui n'est pas prévenu se fera plumer, c'est sur.

à plus!

lundi 12 mai 2008

Deux semaines de passé...

Et on s'adapte assez, rapidement, presque à notre insu!

On m'a noté que je laissis de côté l'aspect scolaire. Je rectifie.

Je suis dans une école de brousse avec très, très peu de moyens. Trois classes, dont deux multigrades et une de CM2, soit les plus grands, environ sixième année. Une pédagogie à des années lumières de notre réalité québécoise, basée presque uniquement sur la mémorisation, sans importance donnée au sens des apprentissages. C'est la grève ici, deux classes sur trois sont donc fermées pour cette semaine et probablement les prochaines, Michelle et moi observons donc ensemble en CM2.

La difficulté est grande, je ne sens aucune marge de manoeuvre pour donner un tant soit peu de couleur UdeM à notre stage. Nous sommes vraiment très, très loin de l'université. N'étant pas de mon pouvoir de négocier les augmentations salariales, ni de provoquer un arrêts des pressions syndicales, je me vois obligé de prendre la situation au jour le jour et de composer avec elle. les contraintes sont grandes. Par exemple, la comunication est carrément impossible avec la plupart des niveaux, seuls les plus grands peuvent nous comprendre, et mon Wolof est plus que relatif. Vraiment, je ne vois pas ce que nous pourrons faire. Inch allah, c'est la seule mesure ici!

Au moins, notre "enseignant associé" actuel a la diligence de ne pas corriger physiquement les enfants devant nous. Notons par ailleurs que notre liberté d'action pour mettre un peu de couleur québécoise dans cette classe semble pous que limitée. Je veux bien penser à mettre en lien ma réalité québécoise et celle d'ici pour les fins de mon stage, cela ressemble à une gageure tellement je suis dans un autre monde.

Mais bon, j'apprends à communiquer, tant sur les questions positives que négatives. On gère au jour le jour.

Mon Pular va un peu mieux, et les gens sont hyper sympa. Je me suis véritablement construit un petit repère à Diambalo, vers lequel je me sens content de retourner après un week-end passé à l'extérieur avec Mer et Monde. Qui l'eût cru.

je vous embrasse tous très fort et adore lire vos petits messages.

mercredi 7 mai 2008

Hono bat da seili?

ça, c'est comment va la sante en pular.

Oui; on s'y habitue tranquillement. Il est incoyable de voir comment, pr'esque a notre insu, nous decouvrons nos ressources pour nous adapter a tyous types de situation.

Et quelle situation. Diambalo, un petit BLED perdu dans la brousse. Une famille Peul que j'apprends à connaitre, une nourriture nouvelle, un nouveau nom, des habitudes...

Ma mère s'appelle Fatou Djieng et ma famille est assez grand. Il y a quelques enfants qui captent le français, et dès le premier jours je fus à pied d oeuvre à apprendre le Pular, ce qui n'est pas une mince tache mettons. Pourtant, jours après jours, les relations se complexifient et gagent en richesse. La complicite est possible, meme lorsque l'on se comprend à peine!

je commence à me sentir bien ici, les gens apprennent à me connaitre et nous sortons peu à peu de la nouveaute pour entrer dans plus de profinfdeur. Par exemple, je commence a m'affirmer dans ma personnalite, a signifier que mon nom, c'est maintenant Mamadel Ka, et non Toubab, que je ne suis pas une vache a lait riche qui donnera de l'argent a tout le monde. Moi y'en a pas bon blanc qui sourit toujours, je suis un etre humain qui veut comme tout le monde vivre sa dignite. le message passe au rythme de mon acclimatation.

Dieu qu'il peut a ce sujet se passer de choses en une seule semaine. je suis parti de loin, d'un etat de panique assez nouveau pour moi, pour cheminer somme toute assez rapidement vers un certain confort dans ma nouvelle realite.

Elle est composee de toilettes qui ne rappellent en rien celles que je connais, avec ses gentilles coquerelles a la nuit tombee. Il y a les odeurs tres champetres d'urine d'animaux, une langue qui devient de moins en moins du bruit a mes oreilles, une ecole de brousse dont la pedagogie ferait rougir, ou rugir, nos pedagogues quebecois.

Mais, surtout, il y a le rythme de vie. ici, la regle d'or est de se POSER. Pas se repposer un petit peu, s'avachir de tout son long soius les arbres des qu on a un moment ou quelau un a qui parler, ce qui peut etre le cas toute la journee. Le ataii, le the, sucre et fort comme le reste de la nourriture, n'est jamais loin, et les arachides non plus. Pour aller vers un endroit a 50 metres, on peut mettre une heure et demie juste parce qu ici la regle minimale de savoir vivre est de s'arreter a chaque arbre;, chaque personne, pour prendre des nouvelles. Oui, ça peut etre tres, tres long, et je comprend aujourd'hui pourquoi les africains sont ainsi systematiquement en retard.

Je dors dans une belle chambre, dans un grand lit double. Aussi incroyable que cela puisse paraitre, c'est la verite! Il s'agit d'ailleurs de la chambre du père de famille qui est decede et qui a ete reprise par le frere de Fatou Djieng. J ai donc un minimum d'intimite, ce qui fait vraiment du bien. Je partae egalement le village avec Michelle, une autre stagiaire, e qui aide a canaliser lorsqu'on en a trop sur la patate. Notez que nous ne sommes pas du meme cote de village et qu elle est chez les wolofs, alors que moi je vis dans ma moitie pular, mais nous nous voyonsquand meme souvent.

J'qurais voulu mettre des photos, mais je ne suis pas capable de les entrer dans le brontosaure d'ordi sur lequel j'essaie de taper. Je suis en fait un peu plus loin du village de Mboro, là ou je peux trouver un cyber, que je ne l'avais precedemment annonce. Mais j'ai bon espoir de pouvoir donner de mes nouvelles au moins chaque semaine.

Le ciel; la nuit, est superbe. je suis au fin fond de nulle part, devenu une minorite visible. cela me fait flippe, parfois, et je me met a penser aux enfants que je suivait en soutien linguistique avant mon depart, qui eux aussi debarquaient souvent d un autre pays pour plonger dans un univers dont la langue est a des lieues de la leur, et je me dis que je dois developper la meme force qu'eux.

Je vous embrasse tous tres fort et aime beaucoup lire vos petits messages qui me touchent beaucoup. Ici, la solitude vous prend par spasmes, sans prevenir, pour repartir souvent aussitot.

Jiam Kirg'don

Mamadel

ps, ça veut dire bonsoir...

vendredi 2 mai 2008

Vision mondial, de l autre cote de la camera

Et sans les larmes et le ton presque condescendant.

Je suis arrive il y a deux jours dans le village ou je passerai les deux prochains mois. Autant l arrivee a Dakar etait un reve, autant je suis tombe de haut en arrivant a Diambalo, du cote PEUL du village. Alors deja que mon wolof etait naissant, autant je me sert aujourd hui de lui pour apprendre mon Peul!! Completement perdu le premier soir, sans savoir ce qu on qttend de moi et sans aucun moyen de comprehension que les gestes et quelques enfants pour traduire.

Depuis hier, ca va mieux, l angoisse passe et le rythme aricain s apprend. On ne peux pasd passer a travers le village sans s arreter sous chaque arbre pour les salutations d usage et les conversations... assez ardues.

Je suis dans le meme village que Michelle, une autre stagiaire, ce qui aide beaucoup a passer la pilule. Mon nom senegalais est Mamadel Ka et c est comme ca que je me fais interpeller tous les jours. Les enfants sont superbes, mais trop souvent couverts de galles et autres signes de maladies qui rappellent la precarite de leur existence. Tout ca est assez triste et me boulverse souvent.

je laisse aller et accepte ca, sauf lorsqu on les bats. Ca, ca me tue, et j entame un dialogue tres progressivement pour qu ils le comprennent.

J apprend egqlement a vivre le bordel organise de l Afrique et suis de plus en plus a l aise.

Hamdulilah.
Mebe te mike Mamadel Ka, soit je m appelle Mamadel.

je vous embrasse tous, et me rejouis de pouvoir donner dautres nouvelles. Le cyber n est pas trop loin;

Babenen,

Vincent