jeudi 15 mai 2008

La nuit, les souris dansent...

Dans ma chambre!

à Part ça, tout roule quand même. Nous sommes partis hier pour le Lac Rose pour notre première rncontre Mer et Monde d tous les stagiaires. Hotel, piscine, palmiers, dromadaires pour randonnée, Coca Cola... je ne comprends pas raiment le move de nous envoyer là. Oui, on se l'est coulée douce, et ce n'est jamais désagréable. Néanmoins, quand on nous prépare pendant des mois à l'importance de ne pas vivre un voyage de tourisme mais plutôt de rencontre interculturelle, l'idée d'aller dépenser notre argent dans un hôtel tenu par des toubabs bien riches me semble incohérente avecla si grande philosophie meretmondienne.

Il fait chaud, j'aime mon milieu, les geckos et cafards vous saluent.

Une chose me manque: un état de droit. Ici, aucune règle pour régir les comportements, aucun code de route, des gendarmes opportunistes de contrôles à graisser constemment, des prix dont l'inflation dépend de la couleur de la peau du client...

Je ne voyais pas à quel point je peux savourer la rectitude juridique que l'on vit chez nous. Ici, c'est tou simplement le bordel, et celui qui n'est pas prévenu se fera plumer, c'est sur.

à plus!

7 commentaires:

Richard Angeloro a dit…

Bonjour Vincent,

N'est-il pas intéressant et enrichissant de vous retrouver à chaque tant de temps ensemble tout le groupe pour échanger sur vos vécus respectifs ?

Je crois qu'il est bon de vous amener ailleurs. Cela vous permet de décompresser et de vous ressourcer. Pour la majorité, ces moments de répits sont essentiels sinon, le stage de deux mois seraient trop difficiles considérant certaines conditions de vie.

Lorsque tu reviens à ton village, le perçois-tu différemment? Peux-tu raconter ces petites escapades à ta deuxième famille? Comment les membres de ta famille vivent-ils leurs propres escapades hors du village? Êtes-vous pareils?
Comment sont perçus ces fins de semaine loin du village par le membres du village ou ta famille?

Richard A.

Richard Angeloro a dit…

Salut Vincent,

À la suite de ma lecture de ton billet précédent, le défi pour toi est très évident!

Tu dois arriver à trouver comment exploiter le par coeur afin d'y insérer un sens.

Je ne t'en dis pas plus. :-) Tu nous relances avec ta trouvaille.


Richard A.

Anonyme a dit…

Ne te décourage pas trop avec l'histoire de donner un sens aux apprentissages.

Comme tu sais, je suis présentement le cours La classe en milieu urbain avec Mme Claudette Larouche et elle nous a justement raconté une anecdote tirée de son expérience en Afrique dans les années soixante-dix.

Elle nous expliquait qu'elle avait été mandatée pour former de futurs maîtres associés là-bas. Bien sûr, elle leur enseignait les nouvelles méthodes et, à la toute fin de son séjour, une étudiante lui a dit que cela était très intéressant mais que ce serait impossible d'utiliser ces méthodes, car il n'y a pas assez de moyens et les classes sont trop nombreuses. Mme Larouche a été forcée de constater que cela était effectivement vrai.

Console-toi en te disant que tu n'es pas le premier et ne t'en mets pas trop sur les épaules.

Bonne chance !

Manu
ps: Tu es le meilleur !

GaB a dit…

Salut Mamadel!

Compliqué pour t'écrire un mot! En tout cas, je suis maintenant une abonnée de ce magnifique blogg!

Je venais prendre de tes nouvelles!

Je t'écris un petit mot. Je ne veux pas m'embarquer dans un long message parce que mon but n'est certes pas de relativiser toutes les choses que tu as écrites. Tout ce que je veux, c'est t'encourager un peu... Je sais que toutes ces différences qui peuvent être facilement qualifiées d'injustices sont frappantes et même poignantes parfois.

Continue! Je suis certaine que tu fais du très bon travail malgré tout. Tu n'es pas là pour rien, même si tu peux te sentir impuissant parfois.

Tu m'as fait sourire quand j'ai lu tes écrits concernant tes découvertes... La culture, les gens, l'acceuil, l'ataya... Ce fameux thé qui ne doit pas aider au ralentissement du diabet au Sénégal! :)

Profite de chaque seconde et essaie de prendre soin de toi malgré tout!

Salue-moi les cafards... Aussi étrange que cela puisse paraître, ils me manquent! :)

Gab-qui-prendrait-bien-le-premier-vol-d'avion-pour-l'Afrique

P.s. Charmant ton nom de Sénégalais. Le mien, c'était Fatou... Comme ta mère si je ne me trompe pas!

Richard Angeloro a dit…

Capsule pédagogique 1
Stage à l’étranger
Prise de photos


L’enseignant d’aujourd’hui a la chance de voyager. Plusieurs, d’ailleurs, se permettent des voyages qui sortent de l’ordinaire et du voyage organisé. Ce n’est pas surprenant. Les enseignants sont de nature curieuse toujours en quête de nouvelles expériences. Les enseignants sont des conteurs innés toujours prêts à divertir un public. Les enseignants sont des êtres d’une grande sensibilité et s’approprient tout ce qui les entoure en vue d’en faire profiter les autres. Les enseignants sont des gens qui savent outrepasser les jugements de valeurs pour développer une vision du monde sans obstacles frontaliers.

Présentement, vous vivez une expérience unique et exceptionnelle tant sur le plan personnel que professionnel.

Vous avez la chance de vous retrouver devant un nombre inouï de moments qui ne recroiseront pas vos chemins de vie. Le fait que vous viviez une situation d’immersion dans une culture autre que la vôtre et la vivez au quotidien vous amène à dresser un portrait tout autre que celui du touriste régulier.

Je vous encourage fortement à avoir l’œil et l’index photographiques constamment en devoir. Rapporter des tonnes de photos (artefacts) de vos expériences.

Vous serez surpris de la richesse pédagogique que ces images vous apporteront. Les élèves veulent VOIR pour apprendre et comprendre. Imaginez l’impact de vos photos sur vos futurs élèves en lien avec le développement d’une vision personnel mais peut-être plus juste du monde!

Prenez en photo selon des thématiques :

a) les gens de la place (cibler les regards, les sourires, les âges, les individus seuls et en groupe)
b) les objets (cibler ce qui est typique : seul et en action)
c) les lieux (les maisons, les écoles, les commerces, les édifices, les rues, les parcs…)
d) la faune et la flore
e) les ambiances (les couchés de soleil, la Savane, le marché public…)
f) les rituels et les fêtes (religieux ou culturels)
g) l’art vestimentaire
h) des séries d’images qui présentent les étapes d’une activité typique (exemple : faire du pain à partir de la mouture du blé ou du millet jusqu’à la cuisson)
i) les images surprenantes
j) …

Développer votre œil esthétique!!!

N’oubliez pas qu’à votre retour, il faut répertorier immédiatement ces images. C’est la seule façon de vous assurer qu’elles seront accessibles et exploitées.

Quelques idées d’exploitation à votre retour :

a) faire un montage de son voyage en image à titre de déclencheur pour plusieurs activités d’enseignement-apprentissage (discussion, débats, opinion, ouverture sur les droits humains, mondialisation, internationalisation, écologie mondiale, équité mondiale…)
b) faire reconnaître les similitudes entre les pays du monde
c) inspirer l’écriture de textes
d) faire un montage de son voyage en image à titre de modèle pour ses élèves qui voyagent eux aussi
e) faire voyager : découvrir le quotidien de divers pays
f) faire faire des collages
g) …


Si vous êtes très «renouveau pédagogique», vous prendrez le temps d’échanger des photos avec vos collègues. Un scénario possible :
Autour d’une table avec son portable et sa clé USB on présente à tour de rôle les photos qu’on désire échanger. Lorsque tous ont fait le tour des présentations, on négocie selon la valeur qu’on accorde à chacune de ses photos ou séries de photos.


C’est une habitude à prendre partout où vous aller : en voyage aux 4 coins du monde, en ballade à Montréal, lors d’une partie de baseball, lors d’une fête ou d’un festival… Les «occasions photographiques» sont incroyables. Il faut garder en tête qu’une image vaut mille mots. Que dire d’une banque de photos! 

Richard Angeloro

Anonyme a dit…

Salam Aleikoum Mamadel!

Je suis contente de voir que tu t'acclimates progressivement à la vie sénégalaise. On passe par des remises en questions au cours d'un séjour là-bas, mais je crois que la situation de vie "vraiment" quotidienne te permettent de porter un regard très juste sur cette société.

Le lac "rose" était-il d'un rose resplandissant? As-tu pu t'y tremper les pieds? Je suis d'avis qu'il est bon de pouvoir aussi jouer les touristes pour remettre les choses en perspective. Tu es au Sénégal pour faire des découvertes sur la vie, mais aussi pour jouir d'un voyage inoubliable! Profite de ces moments pour refaire le plein d'énergie!

Ton village semble près de Mbour, est-ce à l'est, au sud ou au nord? Joal-Fadiouth se trouve à environ 45 minutes au sud.

Bonne continuité,
Isabelle M:-) de G-Drummond

Catherine l'Obsessive a dit…

Allo Vincent!

Je viens de faire du rattrapage en lisant toutes tes aventures! Te connaissant, je suis contente que tu sembles prendre conscience de ce petit dicton "L'herbe a toujours l'air plus verte chez le voisin", comme quoi il ne suffit que d'aller ailleurs pour que tout à coup soient évidents les avantages de notre petit endroit du monde.

Je suis également ravie de voir que tu t'adaptes bien à ton milieu et que tu profites de ton passage là-bas. Je comprends que les moments où tout semble un fossé culturel, surtout avec la violence faite aux enfants, doivent être difficiles à surmonter. C'est certain que tu ne changeras pas le monde, mais tu pourras peut-être changer une petite partie de leur monde à eux. C'est possible, mais ce n'est pas garanti, comme tu dis. C'est tout de même très louable d'essayer.

J'ai hâte de continuer de te lire, jusque là, fais attention à tes fesses de toubab! :)

xxx Catherine