mercredi 21 mai 2008

On prend le rythme

Je stage est bien entammé,les points de détails sur la nourriture et son manque cruel de protéines se règlent progressivement avec ma famille, ma santé est stable: je suis installé assez solidement.

Je suis et serai jusqu'à la fin, finalement, dans la classe de CM2. Mon objectif: aller gratter suffisament la couche de retenue qui recouvre ces enfants pour faire émerger un peu de spontanéité. Mon prof m'a fait clairement comprendre que je ne devrais pas trop sortir du cadre traditionnel, mais en favorisant un climat d'échanges et sens que je seai capable d'apporter progressivement ma couleur dans cette classe. On peut faire du trad' au quotidien, mais on peut aussi sortir des sentiers battus pour des petits projets hedomadaires. Les connaissances immenses de ces enfants en sciences humaines (ce qu'ils appellent ici éducation civique) m'inspirent quelques idées d'activités que jamais jene pourrais tenter au Québec! Il y a beaucoup à faire, c'eststimulant comme tout, mais il ne faut jamais oublier la diplomatie au jour le jour, tant avec mon prof qu'avec toutes les autres personnes d'ailleurs. On calcul au quotidien et cherchons de petits gains, de petites victoires.

Il fait très,très chaud aujourd'hui, ce qui ne s'arrangera pas jusquau point culminant de l'hivernage, qui arrivera mi-juin.

sérieux, la vie est pas mal belle compte tenu des circonstances. Les jours sont parfois longs, mais toujours les soirs ils me semblent finalement rapides.

La lune est hallucinante, la brousse est superbe...et la mer aussi.Chaque dimanche, avec notre animateur Mamadou, nous nous réunissons les 16 stagiaires pour faire notre "thérapie de groupe" et pour ensuite aller taquiner les vagues. Agréable lieu, dépourvu de touristes, loin de l'hotel plein d'étoiles que du Lac Rose, celui dont j'évite de parler à ma famille tant il contraste avec notre milieu de vie!

Merci pour vos messages, ils me font beaucoup, beaucoup plaisir.

A ngungol

Mamadou

6 commentaires:

Anonyme a dit…

Salut Vincent,

c'est vraiment super de voir à quel vitesse tu t'es intégré (ou inclus ? adapté ?) ! Il me semble que tu viens de partir et tu as pourtant pris ta place là-bas.

J'aimerais bien voir le niveau de connaissance en sciences humaines que ces enfants ont. J'imagine que ça n'a malheureusement (pour nous) rien à voir avec ici.

Lâche pas le baobab !

Signé: Manu (un des seuls amis du programme de GHEC avec toi et...Émeline, tiens !)

Anonyme a dit…

Hey Fripon!

Je suis contente d’entendre que tu t’adaptes mieux à la vie là-bas. On a lu ton joli message aux filles hier, et elles ne comprenaient pas la partie de l'autobus avec des gens sur le toit... il a fallu mille explications avant de qu'elles comprennent que les gens allaient vraiment sur le toit et qu'il ne s'agissait pas d'un double decker comme ceux de Londres!
Pour l'instant il fait un peu froid et il pleut beaucoup ici, alors j'espère que tu profites des belles journées ensoleillées et CHAUDES!!! N’oublie surtout pas ta crème solaire ! je veux te rappeler que t’es pas encore un petit africain et que je suis certaine que le « look » homard rouge ne t’irait pas trop !
Je te souhaite une super semaine,
À bientôt !

Andrea

p.s. J’ai pas encore trouvé de blague plate pour toi. Je crois que je suis pas inspiré vu que t’es loin, mais inquiète toi pas ! Je vais me rattraper au camp d’été :P !

Richard Angeloro a dit…

Capsule pédagogique 2
Stage à l’étranger
Qui suis-je? Où vais-je ? Où cours-je? La banlieue, la ville, la campagne…


Pourquoi vous permettre de faire un stage en Afrique dans des conditions quelque peu différente de celles du Québec : d’enseigner dans des classes de 70 élèves avec ardoises et craies comme fourniture scolaire, de coucher dans des huttes, de découvrir les joies du sceau d’eau, de dormir côte à côte avec des chèvres et des coqs, de faire des heures de route pour écrire quelques mots dans un cybercafé… ?

Il est vrai que la réalité sénégalaise peut être dure pour vous. Mais cette dureté n’est pas étrangère au Québec. Nous avons aussi notre lot de réalités dures. C’est en faisant ailleurs qu’on arrive à faire bien chez soi!!!!!
Voilà pourquoi un stage à l’étranger est si riche si vous savez l’exploiter à sa juste valeur! Rappelez-vous mentalement de votre cours PPA1205.

La dureté des contextes dans lesquels grandissent les jeunes n’est pas à comparer. On doit tout simplement à apprendre à composer avec ces derniers en vue de favoriser l’apprentissage et accepter notre rôle de tuteur de résilience.

Lorsque j’enseigne le cours PPA1205, je rappelle constamment qu’il faut outrepasser l'automatisme de porter des jugements et de composer avec les jeunes qu’on a jugé bon de nous confier.

Pour y arriver, il faut se détacher ou se distancer de son propre vécu souvent de type banlieusard. On ne peut enseigner avec l’optique que ce vécu personnel est un miroir de notre société. Je ne peux prétendre que mes élèves à Hochelaga-Maisonneuve vivent ce que mes enfants vivent à Brossard. Avoir faim pour ma fille ne veut pas dire la même chose pour ces élèves. Vivre constamment sous le seuil de la pauvreté n’est pas pareil que vivre des fins de mois difficiles. Vivre dans des appartements non salubres se distingue d’une maison où on ne passe pas le balai tous les jours. Vivre des situations de violence physique, verbale, psychologique et sexuelle ne se compare pas à ne pas avoir nécessairement ce que l’on désire.

Au Sénégal, vous êtes confrontés à un système de valeur auquel vous n’adhérez peut-être pas mais qui ne devrait pas vous empêcher d’assumer votre rôle d’enseignant. Il se définit par : Envers et contre tous… favoriser l’apprentissage.

Lorsqu’on compare deux systèmes c’est pour mieux les comprendre : repérer les différences et les similitudes, trier ce qui nous semble bon et ce qui ne nous convient pas et BÂTIR à partir de cela.

Comment allez-vous vous y prendre? Certes, il n’est pas question d’implanter notre renouveau pédagogique outre-mers. Mais votre couleur, ça c’est possible et même que ça s’impose.

Réflexion de la semaine : Qui êtes-vous? Que représente l’enseignement pour vous? Pourquoi êtes-vous réellement là-bas? Avec les réponses à ces questions en tête, planifiez vos activités d’enseignement-apprentissage sénégalaise.



Richard Angeloro

Richard Angeloro a dit…

Bonjour Luc,

J'aimerais bien que tu élabores un peu plus sur :

« Les connaissances immenses de ces enfants en sciences humaines (ce qu'ils appellent ici éducation civique) m'inspirent quelques idées d'activités que jamais jene pourrais tenter au Québec!»

Je suis très intrigué! Pourquoi ne pourrais-tu pas tenter ce que tu proposes faire là-bas? Que mijotes-tu?

Il sera intéressant d'en parler aussi lors de la présentation orale à votre retour en septembre: comment répondre aux besoins de son groupe en s'inspirant des forces des élèves. C'est une compétence qu'on cherche à voir très développée chez nos enseignants ici au Québec.

Au plaisir de lire la suite,

Richard A.

Richard Angeloro a dit…

MISSION 1
Stage à l’étranger
Compétence 8


La liste de compétences professionnelles à développer est au nombre de 12. Certaines sont plus faciles que d’autres à mettre en application au Sénégal.

Vraisemblablement, la compétence 8 (Intégration des TIC) est presque impossible compte tenu au non accès à la technologie dans la salle de classe du primaire. Je dis bien «presque»!

Je vous encourage fortement à vous faire accompagner d’un membre de votre nouvelle fratrie lors de vos visites au Cybercafé et l’initier au courriel. Invitez-le à s’ouvrir un compte courriel sur HOTMAIL ou tout autre service gratuit. Expliquez-lui les avantages à être branché. Présentez-lui le moteur de recherche GOOGLE. Indiquez-lui quelques sites de cyberpresses. Ce n’est pas de l’enseignement en classe mais cela demeure de l’enseignement (accès à l’information et à un mode de communication). C’est une bonne pratique. Vous y gagnerez une certaine habileté. Vos frères et sœurs s’approprieront une porte sur le monde. (très renouveau pédagogique!!!!)

Évidemment, vous pourrez être un de ses correspondants dès votre retour au Québec.

Bonne suite de stage,

Richard A.

GaB a dit…

Je viens faire un tour de temps à autre afin de vérifier les nouveaux commentaires que tu nous laisses sur ton blogg. À chaque visite, je retrouve un nouveau message. Tu sembles un peu mieux maintenant... Je suis vraiment contente, tu sembles beaucoup plus intégré et ça rassure!

Ne sous-estime pas l'impact positif que tu as sur ces enfants. C’est possible que tu le ressentes moins qu’avec des enfants d’ici. Comme tu le dis si bien, ils ont tellement de retenue… Toutefois, leur manque de spontanéité attribuable à leur culture ne change en rien un fait important. Ce sont des enfants... Même s'ils ne sont pas autant extravertis que nos petits québécois, je suis certaine que ton travail est signifiant pour eux.

Lâche pas!

Prends soin de toi
Gab